Lorsque les premières brumes d’automne caressent les forêts du Sud-Ouest, un rituel immuable s’anime : la chasse à la palombe. Cet oiseau migrateur, au vol puissant et à la chair fine, est au cœur d’une tradition culinaire riche et savoureuse. Parmi les trésors gastronomiques qu’il inspire, le salmis de palombe figure en bonne place, tel un monument du patrimoine local. Ce n’est pas un simple ragoût, mais une préparation méticuleuse où chaque étape compte, un plat de patience et de partage qui réchauffe les corps et les cœurs. Le salmis, c’est l’âme de la chasse qui s’invite à table, une recette transmise de génération en génération, dont le secret réside dans sa sauce onctueuse et puissante, liée avec les abats de l’oiseau. Aujourd’hui, nous vous ouvrons les portes de cette cuisine de terroir, authentique et généreuse, pour que vous puissiez, à votre tour, maîtriser ce classique et régaler vos convives.
45 minutes
120 minutes
moyen
€€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commencez par la préparation des reines du plat : les palombes. Si elles sont entières, il vous faudra les préparer. Demandez à votre boucher de le faire ou lancez-vous : plumez, videz et flambez légèrement la peau pour retirer le duvet restant. Mettez précieusement les foies de côté, ils sont le secret de la sauce. À l’aide d’un bon couteau, découpez ensuite chaque palombe en plusieurs morceaux : séparez les cuisses, les ailes et levez les filets (les suprêmes). Conservez la carcasse, elle parfumera la sauce durant la cuisson.
Étape 2
Dans votre cocotte en fonte, faites chauffer l’huile et la moitié du beurre à feu vif. Lorsque le beurre crépite, déposez délicatement les morceaux de palombe. Faites-les dorer sur toutes les faces pour bien les colorer. Cette étape, appelée la réaction de Maillard, permet de créer des sucs de cuisson qui donneront beaucoup de goût à votre plat. Une fois les morceaux bien rissolés, retirez-les de la cocotte à l’aide d’une écumoire et réservez-les sur une assiette.
Étape 3
Baissez légèrement le feu et ajoutez le reste de beurre dans la cocotte. Faites-y revenir les lardons fumés jusqu’à ce qu’ils soient croustillants. Ajoutez ensuite les oignons et les carottes, que vous aurez préalablement épluchés et coupés en petits dés (c’est ce que l’on appelle une mirepoix). Laissez suer cette garniture aromatique pendant une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que les légumes deviennent tendres et translucides.
Étape 4
Il est temps de créer la base de notre sauce. Saupoudrez la farine sur les légumes : c’est l’action de singer. La farine va absorber les matières grasses et permettra d’épaissir la sauce. Mélangez bien avec une cuillère en bois et laissez cuire une minute pour enlever le goût de la farine. Versez ensuite l’Armagnac et, avec précaution, vous pouvez le faire flamber pour brûler l’alcool et ne conserver que les arômes. Grattez bien le fond de la cocotte pour décoller tous les sucs. Versez ensuite le vin rouge pour déglacer, c’est-à-dire dissoudre les sucs restants. Portez à ébullition en remuant.
Étape 5
Replacez les morceaux de palombe dans la cocotte, ainsi que les carcasses concassées. Ajoutez le bouquet garni, les gousses d’ail juste écrasées avec la paume de la main, salez et poivrez modérément. Le liquide doit presque recouvrir la viande. Baissez le feu au minimum, couvrez la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant au moins une heure et demie, voire deux heures. La viande doit devenir fondante et se détacher facilement de l’os.
Étape 6
Une fois la cuisson terminée, retirez délicatement les morceaux de palombe et les carcasses de la cocotte. Gardez la viande au chaud. Filtrez la sauce à l’aide d’une passoire fine ou d’un chinois, cet ustensile conique qui permet d’obtenir une sauce parfaitement lisse, en pressant bien sur les légumes pour en extraire tous les sucs. Remettez la sauce filtrée dans la cocotte sur feu très doux.
Étape 7
Voici l’étape cruciale qui transforme un ragoût en salmis. Dans un petit bol, écrasez finement les foies de palombe crus à l’aide d’une fourchette jusqu’à obtenir une purée. Délayez cette purée avec une louche de sauce chaude, puis versez le tout dans la cocotte. Mélangez bien au fouet pour lier la sauce. Attention, à partir de ce moment, la sauce ne doit plus jamais bouillir, au risque de devenir granuleuse. Elle va s’épaissir et prendre une onctuosité incomparable. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.
Étape 8
Pour servir, nappez généreusement les morceaux de palombe avec cette sauce divine. Pendant la cuisson, vous aurez préparé des croûtons : frottez les tranches de pain de campagne avec une gousse d’ail puis faites-les dorer à la poêle avec un peu de beurre. Disposez-les autour du plat ou servez-les à part. Votre salmis est prêt à être dégusté.
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Le salmis, c’est l’âme de la chasse qui s’invite à table, une recette transmise de génération en génération, dont le secret réside dans sa sauce onctueuse et puissante, liée avec les abats de l’oiseau. Aujourd’hui, nous vous ouvrons les portes de cette cuisine de terroir, authentique et généreuse, pour que vous puissiez, à votre tour, maîtriser ce classique et régaler vos convives. », « prepTime »: « PT45M », « cookTime »: « PT120M », « recipeYield »: 4, « recipeIngredient »: [ « 2 pièces Palombes (avec leurs foies conservés) », « 150 grammes Lardons fumés », « 2 Oignons jaunes », « 2 Carottes », « 2 Gousses d’ail », « 1 Bouquet garni séché (thym, laurier) », « 75 cl Vin rouge corsé du Sud-Ouest (type Madiran ou Cahors) », « 5 cl Armagnac », « 50 grammes Beurre doux », « 30 grammes Farine de blé », « 2 cuillères à soupe Huile de tournesol », « 4 tranches Pain de campagne rassis », « 1 pincée Sel fin », « 1 pincée Poivre noir en grains » ], « recipeInstructions »: [ « Commencez par la préparation des reines du plat : les palombes. Si elles sont entières, il vous faudra les préparer. 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Faites-y revenir les lardons fumés jusqu’à ce qu’ils soient croustillants. Ajoutez ensuite les oignons et les carottes, que vous aurez préalablement épluchés et coupés en petits dés (c’est ce que l’on appelle une mirepoix). Laissez suer cette garniture aromatique pendant une dizaine de minutes, en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que les légumes deviennent tendres et translucides. », « Il est temps de créer la base de notre sauce. Saupoudrez la farine sur les légumes : c’est l’action de singer. La farine va absorber les matières grasses et permettra d’épaissir la sauce. Mélangez bien avec une cuillère en bois et laissez cuire une minute pour enlever le goût de la farine. Versez ensuite l’Armagnac et, avec précaution, vous pouvez le faire flamber pour brûler l’alcool et ne conserver que les arômes. Grattez bien le fond de la cocotte pour décoller tous les sucs. Versez ensuite le vin rouge pour déglacer, c’est-à-dire dissoudre les sucs restants. Portez à ébullition en remuant. », « Replacez les morceaux de palombe dans la cocotte, ainsi que les carcasses concassées. Ajoutez le bouquet garni, les gousses d’ail juste écrasées avec la paume de la main, salez et poivrez modérément. Le liquide doit presque recouvrir la viande. Baissez le feu au minimum, couvrez la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant au moins une heure et demie, voire deux heures. La viande doit devenir fondante et se détacher facilement de l’os. », « Une fois la cuisson terminée, retirez délicatement les morceaux de palombe et les carcasses de la cocotte. Gardez la viande au chaud. Filtrez la sauce à l’aide d’une passoire fine ou d’un chinois, cet ustensile conique qui permet d’obtenir une sauce parfaitement lisse, en pressant bien sur les légumes pour en extraire tous les sucs. Remettez la sauce filtrée dans la cocotte sur feu très doux. », « Voici l’étape cruciale qui transforme un ragoût en salmis. Dans un petit bol, écrasez finement les foies de palombe crus à l’aide d’une fourchette jusqu’à obtenir une purée. Délayez cette purée avec une louche de sauce chaude, puis versez le tout dans la cocotte. Mélangez bien au fouet pour lier la sauce. Attention, à partir de ce moment, la sauce ne doit plus jamais bouillir, au risque de devenir granuleuse. Elle va s’épaissir et prendre une onctuosité incomparable. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire. », « Pour servir, nappez généreusement les morceaux de palombe avec cette sauce divine. Pendant la cuisson, vous aurez préparé des croûtons : frottez les tranches de pain de campagne avec une gousse d’ail puis faites-les dorer à la poêle avec un peu de beurre. Disposez-les autour du plat ou servez-les à part. Votre salmis est prêt à être dégusté. » ], « aggregateRating »: { « @type »: « AggregateRating », « ratingValue »: « 4.9 », « reviewCount »: « 19 » } }Mon astuce de chef
Pour une sauce encore plus profonde et veloutée, osez une touche d’audace. En même temps que les foies, ajoutez un unique carré de chocolat noir à plus de 70% de cacao. Il fondra dans la sauce sans en dénaturer le goût, mais il lui apportera une couleur plus sombre, une brillance magnifique et une complexité aromatique qui surprendra agréablement vos invités. C’est une astuce de grand-mère du Périgord qui fait toute la différence.
Accords mets et vins
Un plat de caractère appelle un vin de caractère. Pour honorer ses origines, restez dans la région du Sud-Ouest. Un Madiran, avec ses tanins puissants et ses arômes de fruits noirs, sera un compagnon idéal pour tenir tête à la saveur giboyeuse de la palombe. Un Cahors, vin noir par excellence, offrira également une belle structure et une complexité aromatique en accord avec la sauce riche. Si vous préférez la finesse, un grand vin de Bordeaux comme un Saint-Émilion ou un Pomerol ayant quelques années de bouteille saura sublimer le plat avec élégance.
En savoir plus sur le salmis
Le terme « salmis » provient de l’ancien français « salmigondis », qui désignait un ragoût composé de différentes viandes réchauffées. Avec le temps, le mot a évolué pour qualifier une préparation spécifique, principalement appliquée au gibier à plumes (palombe, bécasse, faisan) ou à poil (lièvre). La caractéristique fondamentale du salmis réside dans sa méthode de finition : la sauce est toujours enrichie et liée au dernier moment avec les abats nobles de l’animal (foie, cœur) et parfois son sang, préalablement pilés. Cette technique confère au plat une onctuosité, une saveur et une intensité uniques, qui en font un sommet de l’art culinaire cynégétique, célébrant le produit de la chasse dans son intégralité.
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